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Anny Duperey réalise une véritable performance d'actrice, seule sur scène, pendant deux heures. Pourquoi avez-vous accepté ce rôle si difficile ? Comment dominez-vous votre émotion ?
Il existe une configuration d'amour entre ce texte et moi. Entre le sujet triste et la personnalité tonique que les gens connaissent de moi. Ça donne un mélange attrayant. C'est vrai pour les lecteurs de mon livre Le voile noir qui me connaissent un peu mieux. L'émotion ? Le métier m'aide beaucoup. Au début, j'en étais victime et Joël Santoni, mon metteur en scène aussi, qui a été orphelin au même âge que moi. Mais on ne peut pas se laisser aller à sa propre émotion. Je suis celle qui aide mais pas qui tombe dedans.
Seule sur scène, vous jouez plusieurs personnages. On peut parler de performance ?
Oui. Car le texte d'Eric-Emmanuel Schmitt est difficile. Ce n'est pas un rôle, ce n'est pas une pièce. On ne peut pas improviser. C'est une partition que je réinvente à chaque fois et je ne m'en lasse pas. Sur scène, je croque des personnages. En plein air, c'est plus difficile car des bruits extérieurs peuvent me faire perdre le fil. Et puis je ne peux pas m'approprier la salle comme dans un théâtre. Mais, comme toujours, je fais un peu de yoga en musique sur le plateau avant de commencer.
Avez-vous des projets en cours ?
Après 45 ans de carrière, j'ai fait beaucoup de choses. Je vais continuer la tournée d'Oscar à Tunis et je fais aussi un peu de cinéma. En octobre, mon nouveau livre va sortir. Je l'ai écrit à partir des lettres que nous nous sommes envoyées avec une amie peintre. Il est très personnel. Quant à Une famille formidable, on va laisser un an avant de penser à une éventuelle suite. Si on en fait une.
Propos recueillis par Jacqueline AZZI.