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« Nous sommes là pour aider les entreprises. Elles ne doivent pas attendre le dernier moment pour venir nous voir », insiste Blaise Zago, le président du tribunal de commerce. Photo : Archives
Avez-vous plus de dépôts de bilan en cette période de ralentissement économique ?
Il y a environ une centaine de dépôts de bilan par an. Et pour l'instant, on ne peut pas dire que ce chiffre explose. Mais on sait que des activités sont touchées. C'est le cas dans le bâtiment, l'automobile, le commerce de vêtements, de chaussures ou la restauration. En Mayenne, beaucoup d'entreprises ont recours à des financements à cours et moyen terme. Si elles n'obtiennent plus les mêmes conditions auprès des banques, elles risquent de connaître des difficultés. Cela ne concerne pas tellement les grosses PME familiales qui sont gérées en bon père de famille, mais surtout les TPE (ndr : très petites entreprises). Elles représentent 90 % des 4 000 entreprises commerciales et artisanales de proximité. Un exemple: beaucoup d'entreprises ont été créées dans le bâtiment pour répondre à la forte demande. Mais quand les commandes sont moins importantes, elles sont les premières à trinquer.
Existe-t-il des procédures qui vous alertent des difficultés d'une entreprise ?
Les alertes peuvent venir du débiteur ou du compte déposé au greffe. Quand une difficulté apparaît, on convoque les dirigeants en toute confidentialité, on étudie avec eux les solutions. Après, à eux de redresser la barre. La liquidation est le dernier recours. Sur 100 dépôts de bilan, il y a environ 70 liquidations. Cela veut dire que, grâce à des recours, nous sauvons une trentaine d'entreprises par an. C'est pourquoi, il est important de venir nous voir, de pousser la porte du tribunal de commerce. Nous avons un rôle de conseil.
Quel est exactement le rôle d'un tribunal de commerce ?
Nous travaillons sur environ 500 dossiers par an. Pour une grande majorité des cas, il s'agit de contentieux entre commerçants et artisans. C'est une justice qui se veut rapide et qui repose sur la médiation. Le tribunal est composé de 14 juges qui ne sont pas des juristes, mais qui connaissent les entreprises de l'intérieur. Ce n'est pas une mission honorifique. Quand un juge met sa robe, il n'est plus un commerçant, un artisan, un chef d'entreprise. Et dès qu'un juge connaît des difficultés, il s'écarte du tribunal. La moralité et la déontologie doivent être infaillibles.
Propos recueillis par Jean-François VALLÉE.