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Anne, 17 ans, est animatrice stagiaire à l'accueil de loisirs de Saint-Nicolas. « Les réflexes avec les enfants viennent au fur et à mesure. Les animateurs sont là pour nous épauler. » Participer, encourager, surveiller, les deux jeunes animateurs doivent avoir des yeux partout. Florian a 18 ans, c'est pour lui sa première expérience. « Je travaille ici pour me faire un peu d'argent de poche. C'est un peu épuisant mais on s'y fait. Le plus dur ? Anticiper les imprévus : ce matin une barre de la fenêtre est tombée juste à côté d'un enfant... »
Un rôle d'éveil auprès des enfants
Au mois d'août, douze animateurs ont eu la responsabilité de quelque 120 enfants par jour. Soit un animateur pour dix enfants. La loi autorise jusqu'à douze enfants par animateur, pour les plus de 7 ans.
« Nous expliquons aux animateurs leurs missions pendant les réunions de préparation, indique Roseline Remond, directrice pour les deux mois. Les enfants doivent obtenir toute l'attention qu'ils méritent. Les parents nous les confient, il faut qu'ils aient un retour. »
Cette liste de responsabilités est énumérée dans un projet pédagogique, construit par la direction. Les animateurs doivent notamment assurer la sécurité physique de l'enfant. « Cela passe naturellement par savoir ce que l'enfant mange ou pas, les maladies qu'il contracte. »
Pour les bobos, l'animateur se transforme en secouriste. Ils ont toujours une trousse de secours à leur disposition. Ils doivent aussi respecter leur rythme de vie. « Les enfants sont arrivés au mois d'août très fatigués. Du coup, nous privilégions les activités calmes pour recharger les piles pour la rentrée scolaire. »
Le physique, oui, mais il y a aussi le côté affectif. De ce point de vue là, le projet pédagogique est clair. « Il faut intégrer les enfants au groupe. Favoriser leur autonomie, le dialogue, mais aussi l'écoute. » L'animateur doit éveiller l'enfant. Pas l'éduquer. « Nous jouons un rôle complémentaire de celui des parents. »
Petits salaires
La liste des responsabilités est encore longue. « Tout cet encadrement est justifié, notamment pour la dimension alimentaire, estime Antoine Roger, inspecteur à la direction départementale de la Jeunesse et des Sports (DDJS). Les incidents sont très rares. » Et s'il y a des problèmes, que risquent les animateurs ? « Juridiquement ce sont les directeurs des accueils de loisirs qui sont en première ligne. »
Reste que les animateurs sont au premier plan, « ils ont des responsabilités concrètes au quotidien ». Pour Anne, 17 ans, son stage d'animation est « très formateur ». Elle n'a pas encore le brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (BAFA). « Les enfants ne sont pas forcément faciles, mais plus on a d'expérience, mieux on réagit. Et les animateurs les plus expérimentés sont à notre service. »
« Il n'est pas obligatoire de rémunérer les stagiaires », rappelle Antoine Roger. Dans les accueils de loisirs Familles rurales, ils gagnent 380 € par mois. La mairie de Laval n'a pas souhaité communiquer les salaires de l'accueil de loisirs de Saint-Nicolas. Mais pour Florian, l'argent n'est pas un souci : « Nous, on se fait de l'argent de poche... On est jeune, c'est un job d'été... » Selon les centres, ceux qui ont le BAFA, eux, sont payés en moyenne 1 100,00 € net par mois.
Thomas SEGUI.