« En 1986, quand le magasin Carrefour a ouvert, il était entouré de champs. » Vingt-deux ans plus tard, la réalité que découvre le nouveau directeur de l'hypermarché, Cyril Auzou, est tout autre. Au point que
« des clients m'ont dit hésiter, certains samedis, à se rendre chez nous à cause des bouchons à la sortie du magasin. » Jusqu'à trente minutes d'attente les samedis de décembre pour quitter Grenoux, pour les clients comme les riverains : à qui la faute ?
À un développement peu maîtrisé du quartier. Développement qui se poursuit pourtant puisque, tout au bout de l'avenue de Lattre-de-Tassigny, 70 nouvelles maisons seront construites par le Comité interprofessionnel du logement (Cil) ces deux prochaines années.
« En 1986, les élus auraient dû faire le choix de créer dans ce quartier une zone d'activité commerciale ou d'habitation, mais pas de mélanger les deux », déplore Raymond Molinari.
Ou alors, poursuit le président de l'association Vivre à Grenoux,
« l'hypermarché aurait dû être construit de l'autre côté de la route d'Ernée, au Montron. Tout cela a été mal pensé. » À la décharge des élus et aménageurs, ils avaient anticipé un autre accès depuis la fonderie, à l'opposé du rond-point qui sature, boulevard Du-Guesclin.
Par-dessous ou par-dessus ?
C'était du temps de la réalisation de la rocade nord-ouest, entre la route d'Ernée et Saint-Berthevin. Le conseil général a bien construit, à la demande de la Ville, un giratoire entre ceux des routes de Fougères et de Rennes. Mais il ne dessert toujours pas le quartier.
« Si on l'ouvre, on ne fera que déplacer le problème », réfute Raymond Molinari.
« Cette décision est politique et technique, observe le directeur du Cil, Michel Meilhac, sachant que cette voie fait déjà l'objet
« d'un emplacement réservé dans le plan local d'urbanisme (Plu) ».
Vivre à Grenoux préconise une autre solution :
« Un accès au magasin Carrefour depuis la route d'Ernée par une voie souterraine ou, plus sûrement, une passerelle. » « C'est une éventualité intéressante, mais il y en a d'autres », tempère Cyril Auzou. Le directeur de Carrefour ne veut froisser personne : riverains, voisins, clients ou élus. Pour autant, il concède
« qu'il devient désormais urgent pour nous de disposer d'une double sortie ».
Le plus simple serait d'acquérir tout ou partie des 11 000 m
2 qu'occupe l'entreprise Larivière. Ce spécialiste de la toiture est idéalement situé entre l'hyper et la quatre voies d'Ernée, via la rue Charles-Toutain.
« Des négociations ont débuté », reconnaît le responsable du site lavallois, Nicolas Garnier. Mais depuis l'arrivée d'un nouvel actionnaire,
« tout est bloqué ». Larivière ne perdrait rien à s'installer en face, près du parc de l'habitat. Et gagnerait peut-être beaucoup à quitter un site qui n'a
« jamais été à vendre mais qu'on a voulu nous acheter ». Carrefour, qui n'a peut-être pas mis assez sur la table, mais aussi
« d'autres investisseurs...
»Yvan DUVIVIER.
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