L'exposition annulée après 18 mois de travail
Brigitte Maurice (à gauche) et Rodolphe Bruneau-Boulmier (à droite) gardent l’espoir que leur problème trouvera une solution à brève échéance.
L'Association pour le développement de la musique et de la danse donne son accord à un projet mêlant valorisation du patrimoine et création contemporaine. La Ville vient de refuser.
Elle est déçue, Brigitte Maurice, artiste peintre lavalloise. Et amère. « Deux années de travail avortées à deux mois de la représentation. Les invitations et le programme sont prêts. Et maintenant je suis bloquée. »
En novembre 2006, Brigitte Maurice et Rodolphe Bruneau-Boulmier, musicien, contactent l'Association pour le développement de la musique et de la danse en Mayenne (ADDM) afin de proposer une création musicale et plastique dans un lieu patrimonial de Laval. L'association donne son accord. « Alors on a cherché, visité de nombreux endroits et lorsque nous sommes entrés à l'intérieur de l'église Saint-Martin, on a senti que c'était le lieu qu'il nous fallait », se souvient Brigitte Maurice.
Les deux artistes commencent alors à travailler sur le projet intitulé « Respir ». Rodolphe Bruneau-Boulmier répète avec une équipe de douze musiciens, Brigitte Maurice peint une vingtaine de tableaux. Une chef bien connue, Ruth Shereiner, est sollicitée afin de venir aux répétitions et aux deux représentations prévues les 4 et 5 avril 2008.
« Promesse verbale »
Hélas ! Fin janvier 2008, la Ville de Laval reporte l'exposition. « Il manquait 5 050 € et une clause de sécurité rendait le projet impossible, se fâche l'artiste. Je suis bloquée, car je ne peux exposer nulle part ailleurs ces oeuvres destinées à Saint-Martin. »
« On a été sollicités pour accompagner ce superbe projet, répond Baptiste Clément, de l'ADDM 53. Mais, pour qu'il puisse aboutir, il fallait une prise en charge du concert par un diffuseur, Laval spectacles en l'occurrence, puisque le concert devait avoir lieu à Laval. » Une réponse unique des deux services concernés par cette création, Laval spectacles et le service du patrimoine, a été difficile à obtenir. « Il y a eu un engagement ferme mais oral de l'ancienne municipalité pour régler les commandes (environ 8 000 €), tout en sachant que Laval spectacles ne voulait pas s'engager sur un projet dans lequel la sécurité n'était pas assurée. »
Deux jours après, en janvier, la confirmation de l'annulation de ce projet par la Ville tombe. « J'espère que cette création verra le jour car la démarche, mettre à disposition des Lavallois un lieu patrimonial mal connu, est intéressante » indique Baptiste Clément.
Interrogée, la commission de sécurité incendie explique que l'église Saint-Martin est d'abord une église « et pas un lieu d'exposition. » Mais cette commission ne fait que rendre un avis au maire. « Qui suit ou pas. Il peut ouvrir s'il le souhaite, même temporairement, tout est possible. » En attendant, les artistes ont du mal à admettre cette désinvolture. « Nous en payons les frais ».
Jacqueline AZZI.
Brigitte Maurice (à gauche) et Rodolphe Bruneau-Boulmier (à droite) gardent l'espoir que leur problème trouvera une solution à brève échéance.
Archives Ouest-France
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