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Françoise Bossuet, conseillère technique auprès de l'inspecteur d'académie, a été élue présidente du conseil départemental de l'ordre infirmier de la Mayenne le mois dernier. Cet ordre est le premier conseil qui va réunir tout le monde : infirmières libérales, publiques et privées. La profession va ainsi pouvoir parler d'une seule voix et bénéficier d'une meilleure reconnaissance. En plus, nous serons plus autonomes : la profession doit être gérée par les infirmières elles-mêmes.
Sur quoi voulez-vous agir ?
Notre objectif premier est la défense de l'usager, avec une meilleure qualité de soins. Par exemple, nous nous battons pour que les infirmières distribuent elles-mêmes les médicaments aux patients dans les hôpitaux. Cela va avec notre second objectif : s'assurer que tous les professionnels sont qualifiés pour le travail qu'ils effectuent. Mais nous n'en sommes qu'au début. Pour l'instant, seuls les Ordres départementaux sont élus, depuis le mois dernier. L'ordre national, lui, prendra forme en novembre prochain.
Quel sera le premier chantier de cet ordre national ?
La défense de notre décret de compétence de 2004 (un code qui régit l'ensemble des soins infirmiers, N.D.L.R.). La ministre de la Santé Roselyne Bachelot veut le remettre en cause. Et elle entend boucler le nouveau texte à l'automne, c'est-à-dire avant que l'Ordre national ne soit en place ! On a l'impression qu'elle est pressée de faire passer la nouvelle loi. Nous voulons qu'elle attende, pour que l'on puisse en discuter avec elle. C'est pour ce genre de décision que la création d'un Ordre national des infirmiers est utile.
Il y a quand même quelques critiques, qui disent que l'ordre serait plutôt destiné aux libéraux...
Déjà, si on prend l'exemple de la Mayenne, sur les neuf conseillers élus, un seul représente le secteur libéral. Nous voulons représenter tout le monde, prendre l'avis de tous les professionnels et mener une réflexion sur notre métier à partir du terrain.
La légitimité de l'ordre ne risque-t-elle pas d'être mise en doute ?
Ce qui est regrettable, c'est que seulement 13 % des 2 000 infirmiers du département ont voté en juin pour élire notre conseil. Il y a eu des problèmes d'adresses, mais aussi un peu de désinformation. Certains syndicats ont peut-être eu peur de la création de cet ordre des infirmiers. Or, cela n'enlève rien à leur légitimité. On ne veut marcher sur les plates-bandes de personne. Chacun ses missions. Nous, c'est l'éthique, la déontologie. Tout ce qui concerne les conditions de travail, les salaires, reste du domaine syndical. À nous de rétablir l'objectif de cet ordre dans la tête de tout le monde.
Propos recueillispar Nicolas CAMUS.