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Au premier plan, à gauche, Guy Delamarche et Michel Robert qui habitent en face de Chaffenay. Et Daniel Épinard et Gérard Gerboin qui vivent rue des Sports. Une rue qui pourrait être à moins de 200 mètres de la nouvelle veine exploitée. Le groupe Pigeon a déposé une demande d'extension et l'enquête publique s'est achevée fin mars, « sans plus d'explications ou d'informations aux riverains » regrette Guy Delamarche, tout nouveau conseiller municipal. Entrammais depuis toujours, il s'est pourtant accommodé des tirs de mine, « qui font trembler les maisons sans parler des fissures » ; du va-et-vient des camions et son cortège de poussière.
« On n'est pas farouchement opposé au projet, on sait son impact économique ici, relativise Guy Delamarche. Mais on est bien décidé à défendre la tranquillité des habitants et à lutter contre les nuisances ». Car à regarder de près sur une carte, le périmètre d'extension de la carrière et celui dit de sécurité, on se rend très vite compte qu'il lèche les habitations du vieux bourg. « C'est simple, la carrière se rapproche du bourg : elle sera à 50 mètres de la route nationale et à 180 mètres des habitations. Donc de ma maison ! » s'inquiète Guy Delamarche.
Des garanties pour la santé et l'environnement
Les riverains tremblent déjà en imaginant « les secousses sismiques » ; les « vents qui soulèvent la poussière et le bruit chez nous ». Déjà, rapporte Michel Robert, « impossible d'étendre son linge dans le jardin à cause des particules qui se déposent ». Et « regardez les feuilles des arbres, elles sont complètement blanches »...
Les riverains se rappellent que « des contrôles ont été effectués à la carrière il y a des années. Depuis les choses ont été améliorées même si on pense que d'autres choses auraient pu encore être faites ». Ne pouvant s'empêcher de penser aux cancers et à la silicose qui ont touché quelques Entrammais... Ils réclament donc aujourd'hui « de sérieuses garanties pour notre santé » même s'ils n'osent croire que le projet aboutisse si près des maisons. Ils sont bien décidés à se battre pour que « le carrier respecte ses engagements de sécurité et pour l'environnement. Voire qu'il les renforce ».
Une autre inquiétude taraude les riverains : le tracé de la quatre voies. « Si l'extension de la carrière est décidée, la route sera sous mon nez, s'inquiète Guy Delamarche. Là, à 20 mètres ». Inconcevable. Et quid du lotissement qui « serait à raz du tracé ? »
Si les Entrammais « n'ont pas la certitude d'être entendus, si le projet aboutit malheureusement, alors on aura des moyens de pression ».
Isabelle JOHANCIK.