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La société Didhpatic, installée dans la Technopole met la touche finale à son système de formation des dentistes grâce à la réalité virtuelle. Son gérant, Marc des Rieux (au centre), croit dur comme fer au développement de cette technologie dans le domaine sanitaire. Aujourd'hui, le projet est tout prêt d'aboutir. Marc des Rieux, PDG de la société lavalloise Didhaptic, en fera la démonstration lors du salon Laval virtual, du 9 au 13 avril prochains. « Un praticien généraliste ne peut pas se lancer dans l'implantologie sans avoir eu de formation, explique l'ingénieur, pas dentiste pour un sou. Mais la grande difficulté, pour les établissements de formation, c'est de trouver des mâchoires à travailler. »
Ils doivent souvent se rabattre sur des mâchoires en plastique, dont les propriétés physiques sont quand même assez éloignées de véritables quenottes, ; ou sur des organes animaux, dont l'anatomie diffère sensiblement de la nôtre... Grâce à la réalité virtuelle, on peut désormais envisager de sauter ses barrières.
La fée informatique
Dans le détail, le projet Pro-Haptic repose sur un dispositif à retour d'efforts (vous pouvez employer le terme technique : haptique). Il est fourni par Haption, la société de Soulgé-sur-Ouette. Grâce à lui, la main du praticien ressent les réactions de son contre-angle (l'outil qui supporte la fraise) sur la dent du patient. Une dent dont toutes les propriétés ont été modélisées en trois dimensions dans une banque de données.
« On peut y stocker autant de cas anatomiques que l'on veut, sourit Marc des Rieux. Cinquante, cent, mille. » Et aussi, grâce à la puissance de l'informatique, créer des scénarii d'opération, comme l'intervention qui se passe mal. Grâce à des lunettes spéciales, le chirurgien voit le déroulement de son opération virtuelle.
Avec le soutien des pros
Évidemment, ce projet n'aurait pas grand sens sans l'appui des professionnels. Il n'y en a pas dans la petite équipe de DidHaptic. Mais, « un dentiste mayennais travaille avec nous régulièrement, révèle Marc des Rieux. Nous sommes aussi en relations étroites avec la fac dentaire de Brest. » Et même si, confidentialité oblige, on ne peut pas donner de noms, quelques grandes structures hospitalières l'ont déjà contacté pour, éventuellement, acquérir son invention.
D'autant qu'à l'heure actuelle, Didhaptic est la seule à s'être placée sur le créneau de la formation sanitaire grâce à la réalité virtuelle. « C'est une niche, admet Marc des Rieux. On ne pourra pas se contenter du marché français. Il faudra aller ailleurs en Europe de l'Ouest, aux États-Unis, au Japon, en Corée. » Et aussi probablement, se pencher sur de nouvelles applications, dans d'autres domaines que l'implantologie. « Nous avons des perspectives de croissance. » De quoi afficher un sourire 32 bis, non ?
Olivier PAULY.
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