Le 42e régiment de Laval fixé sur son sort aujourd'hui
Les 906 militaires et civils attendent la décision de François Fillon ce matin. Hier soir, les élus reçus à l'Élysée étaient « très pessismistes ».
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« Nous avons jeté toutes nos forces dans la bataille, nous avons exposé une dernière fois nos convictions, mais nous sommes très pessimistes. »
Au sortir d'une « réunion de la dernière chance »,à l'Elysée, hier à 21 h, le député UMP Yannick Favennec ne semblait plus croire au maintien du 42e régiment de Transmissions à Laval.
Même son de cloche pour le député-maire socialiste de Laval Guillaume Garot qui l'accompagnait : « Nous avons, une nouvelle fois, fait valoir notre attachement au régiment et la mobilisation citoyenne de ces derniers jours, mais je ne suis pas rassuré du tout. »
Que pèseront cette intervention et celles des autres parlementaires mayennais qui, depuis des semaines, opposent un front uni à cette funeste perspective ? Car la réforme de la carte militaire devrait engendrer, à l'horizon de 2014, la suppression de 54 000 postes et la fermeture d'une trentaine de sites. Le Premier ministre doit s'exprimer sur le sujet ce matin, à 10 h 30.
Sentant le vent du boulet, les élus se sont mobilisés. « Ce serait un séisme », augure Norbert Bouvet, le président de l'Association des maires de la Mayenne, quand Guillaume Garot, le député-maire de Laval, reconnaît « qu'il y a péril ». D'autant que les espoirs d'un maintien du régiment semblent bien ténus. Seul semble recevable à ce jour « l'argument stratégique » que constitue la présence à Rennes de l'École supérieure et d'application des transmissions (Esat), dont le régiment lavallois abrite une antenne.
« Préjudice économique »
Pas plus que les déclarations des élus mayennais, la démarche de la chambre de commerce et d'industrie de la Mayenne (CCI) n'incite guère à l'optimisme. Celle-ci s'est attachée à estimer le préjudice économique que générerait, pour la ville, pour son agglomération et le département, le départ du régiment.
« Le 42e RT, ce sont 19,5 millions d'euros de salaires versés aux 906 personnels civils et militaires », comptabilise ainsi Christophe Chenut, responsable des études et actions territoriales à la chambre consulaire. « À cette somme, il convient d'ajouter les revenus des conjoints mais aussi ce que nous appelons la consommation intermédiaire : les fournitures mais aussi les prestations de service (entretien des véhicules, nettoyage...) que commande le régiment. »
Enclin dans un premier temps à délivrer des données chiffrées précises, le commandement du 42e a finalement fait machine arrière. Or, l'étude de la CCI aurait pu aider les élus locaux « à calculer la dotation destinée à compenser le départ ». Sachant que l'État a d'ores et déjà prévu une enveloppe de 320 millions d'euros pour financer des projets de développement sur les sites touchés.
Une population de 2 400 personnes
Si la décision redoutée tombe, les conséquences se situeront à tous les niveaux de l'économie lavalloise et mayennaise : entreprises, commerces, écoles, logements... Se poserait ainsi la question du devenir du site. Vingt-neuf des 49 ha qu'occupe le 42e sont aujourd'hui dévolus aux bâtiments. Les 20 restants, au nord de la zone, servent à l'entraînement des soldats et au stockage du matériel.
Enfin au niveau humain, 2 400 personnes devraient faire leurs valises. Car sur les 906 personnels (dont 40 civils) du régiment, 400 sont célibataires et 500 ont constitué une famille, chaque foyer comptant quatre personnes en moyenne...
La « grande muette » portant bien son surnom en ces temps troublés, c'est ailleurs qu'il faut chercher des signes d'espoir. Dans la déclaration du ministre de la Défense Hervé Morin par exemple : début juillet, il faisait état « d'une demi-douzaine d'exceptions » parmi lesquelles des villes déjà concernées par la refonte des cartes hospitalière mais aussi judiciaire. Les élus et le monde économique espèrent que Laval sera également épargnée.
Ouest-France