Le 6par4 enchante le public et les artistes
The Do, duo pop-rock français en pleine ascension, fut l'un des concerts marquants de la première saison du 6par4.
Le pari lavallois semble en passe d'être gagné. Même si l'équilibre financier demeure fragile.
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Près de 4 000 spectateurs depuis l'ouverture, une bonne moitié de soirées à guichets fermés, de bons échos du public et des artistes : en deux mois le 6par4 a réussi son pari lavallois ! « Pour l'instant on n'a pas grand-chose à déplorer, confirme Jeff Foulon, directeur artistique de la salle et des 3 Éléphants. La venue à Laval nous a donné raison : les habitués d'Entrammes sont toujours là, mais on a aussi un nouveau public, beaucoup plus diversifié, qui se renouvelle d'une soirée sur l'autre. Et l'ambiance est au rendez-vous : les gens sont là pour vivre les concerts. »
Au crédit de la salle associative, le public souligne les raisons du succès, comme Benoît : « C'est un lieu de proximité, près du centre-ville, et contrairement à Entrammes, on peut se décider au dernier moment pour y aller. Les tarifs sont abordables, les concerts ponctuels et le son meilleur qu'avant. »
Côté artistes aussi, la salle a convaincu, ce qui relevait pourtant d'une gageure, selon Jeff : « La salle n'est pas encore très connue des artistes et tourneurs. Et la façade extérieure ne paye pas de mine ! Mais en arrivant, les groupes se rendent compte que c'est une vraie salle de concerts. » Et l'équipe de Poc pok mise sur un accueil convivial, comme à la maison : « On y mange bien et on met le paquet sur la technique. Les groupes repartent souvent ravis. »
« On a envie d'essayer plein de choses »
Pour autant, l'équilibre financier est toujours fragile, comme le rappelle Cyril Coupé, directeur administratif : « On reste un service public, subventionné. La proposition artistique et l'équipement technique sont plus importants qu'à Entrammes, les coûts de production n'ont plus rien à voir. Les recettes (entrées plus bar) sont loin d'équilibrer le coût des techniciens et les cachets des groupes programmés. »
Des cachets qui ont tendance à s'envoler, les artistes se rattrapant souvent sur leurs tournées pour compenser la crise du disque. « Une tête d'affiche comme Pauline Croze, on ne pourra pas en faire venir souvent », ajoute Cyril. Qu'importe : le 6par4 mise avant tout sur les coups de coeur et les découvertes, et ne compte pas s'arrêter là pour surprendre le public. Et ce dès la 3e saison en octobre, après trois bons mois entre parenthèses où les festivals mayennais vont prendre le relais.
« On a avec cette salle un outil très pratique et fonctionnel ; on a envie d'essayer plein de choses. On a déjà testé, avec succès, les concerts à petits prix le dimanche. Et pour la reprise en octobre, on compte lancer des soirées plus spécifiques. Pourquoi pas des soirées « club» et electro, qui finiraient plus tard. »
Les résidences d'artistes et l'accompagnement des groupes sont aussi des dossiers à l'ordre du jour. « On veut développer cet aspect-là aussi des musiques actuelles. Mais c'est encore une question de moyens : ça nécessite un investissement fort. La balle est dans le camp des élus locaux et des collectivités... »
Ouest-France