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Une fois les grains de blé récoltés, la moissonneuse décharge sa précieuse cargaison dans un camion benne, d'une contenance de six tonnes. Richard Couanon (en médaillon) passe en moyenne douze heures par jour dans sa moissonneuse-batteuse. Soudain, la machine bipe. « Elle nous parle », plaisante-t-il. « C'est pour nous signaler que le réservoir à grains est plein. » Sébastien, au volant d'un camion benne, vient se placer à côté de la moissonneuse pour récupérer le blé. Tel un ballet, les machine répètent la même chorégraphie. La moissonneuse-batteuse récolte, le camion benne récupère et le tracteur fait le ménage derrière, en confectionnant des ronds de paille.
La journée s'annonce longue pour les frères Couanon. « Cet après-midi, il y a 8 hectares à faire dans ce champ. On en a bien pour quatre heures. » Ensuite, ce sera direction Villaines-la-Juhel, pour moissonner le champ d'un autre agriculteur. « Si l'orage n'éclate pas, on va battre jusqu'à 2-3 h du matin. Tant qu'il fait beau, on continue ! », déclare Richard, déterminé à terminer les moissons.
« Les moissons s'éternisent »
Car avec la pluie qui a arrosé le Nord-Mayenne, elles ont pris du retard. « Les moissons s'éternisent. L'année dernière, on avait fini le 8 août. J'espère que cette année, ce sera le 15 août. » « Seulement s'il y a du soleil tout le temps », renchérit Guy Couanon, qui a transmis l'entreprise à ses deux fils. Sébastien plaisante. « Ça ne traîne pas sur les champs, car on a tous peur de l'eau ! »
En temps de pluie, les moissonneuses sont priées de rester au garage. Le blé doit avoir un taux d'humidité de 15 % pour être moissonné. Alors chaque matin, les agriculteurs partent en pèlerinage vers la coopérative pour le faire mesurer et avoir l'autorisation de moissonner.
« C'est la cohue en ce moment. Dès qu'il fait beau, tous les agriculteurs nous réclament. Rien qu'aujourd'hui, il y en a dix de prévu. Il nous reste 280 hectares à moissonner », témoigne Christiane Couanon, la femme de Guy, qui s'occupe de l'administration de l'entreprise.
Malgré le retard, la famille Couanon est optimiste. « Il y a eu de bonnes récoltes dans le Sud-Mayenne, où les moissons sont finies. Elles vont être bonnes chez nous aussi. Le rendement moyen sera entre 70 et 75 quintaux par hectare », estime Richard. Alain Lepont, agriculteur à Bais et propriétaire du champ fauché cet après-midi par l'entreprise Couanon, confirme. « Les récoltes s'annoncent bonnes, en quantité et en qualité. »
Olivia AUDEMAR.