Au foin de la rue
Laval, comment vous la voyez?
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Dans les bar-tabac on rend de plus en plus de services aux clients. Éva, serveuse à l'Atlantic, vend des timbres, des tickets de bus ainsi que du pain le dimanche. « Cette signature doit resserrer les liens que nous avons avec La Poste, explique Patricia Lavolo, la présidente de la chambre syndicale des débitants de la Mayenne. Pour l'instant, nous proposons des timbres, mais plus tard, on pourra peut-être vendre le prêt-à-poster ou les petits colis. »
Mais cela suffira-t-il à remonter le chiffre d'affaires des débitants ? « Tous ces services mis bout-à-bout ont un impact, reprend Patricia Lavolo. Mais pour nous le plus important est d'attirer une nouvelle clientèle dans nos établissements. » Et d'en faire des commerces incontournables dans les villages et les quartiers.
Une perte de 20 %
Car pour l'instant la crise est là. Et les professionnels restent sceptiques devant les services qu'on leur propose de développer. « Les ventes ont chuté de 20 % environ depuis le début de l'année, constate Maryvonne Harnois, qui tient le café-tabac de la rue Solférino. Les clients qui venaient prendre un café et fumer en lisant le journal ne sont pas revenus. » Ce qu'elle attend des pouvoirs publics ? « Qu'ils nous offrent un salaire en compensation. Les agriculteurs ont bien des aides. »
Plutôt que sur l'État, les professionnels comptent d'abord sur eux-mêmes et leur environnement. Par exemple, le bar-tabac l'Atlantic, au Gué-d'Orger, vend pains, baguettes et petits croissants tous les dimanches. « Le boulanger voisin est fermé ce jour-là. Cela évite à nos clients de courir vers le centre-ville », explique Anthony Desmots. Et comme d'autres, il vend également des timbres (fiscaux et postaux), des tickets de bus, des cartes de téléphone, des papiers à lettres et un peu de confiserie.
Le café de Didier Tronville, à Avesnières, propose des services originaux. Comme le développement des photos. « 5 € les huit photos d'identité, vous ne trouverez pas mieux ailleurs. » Et il a installé un écran relié à Internet. Mais les débuts sont timides. « Il faut que les gens s'habituent. » Ce n'est pas ça qui le fait vivre. Mais c'est un bar vivant (fréquenté par les supporteurs de Marseille !) et bien connu dans son quartier.
Jean-François VALLÉE.