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« Si les autorités ne font rien, un débordement est à prévoir incessamment. » Mardi, deux jours après le vrai-faux départ des fidèles traditionalistes de l'église de Niafles, Daniel Gendry, le premier adjoint, le pressentait : il n'allait pas pouvoir maintenir le calme bien longtemps dans le village du sud de la Mayenne si les occupants n'étaient pas « rapidement et définitivement délogés ».
Vers 22 h, l'un des traditionalistes est d'abord interpellé et placé en garde à vue quelques heures pour avoir « foncé dans la foule », en voiture, après une altercation verbale avec quelques habitants. Sentant que les choses pouvaient s'envenimer, les gendarmes de Château-Gontier, qui patrouillent à ce moment-là dans le coin, appellent des renforts. De leur côté, le vicaire général de Laval et l'abbé Thirault, de Craon, se rendent sur place. Histoire de calmer les esprits.
Mais deux heures plus tard, la soixantaine de Niaflais réunis sur le parvis de la mairie se lasse. La situation n'évolue pas. Ils descendent alors vers l'église et tentent d'y pénétrer par ce qui reste de la porte de la sacristie, consolidée après avoir été brisée dimanche. Mais seule une trentaine de gendarmes, venus de tout le département, s'introduisent dans le lieu de culte. Et font sortir les occupants par une porte dérobée.
L'église a donc retrouvé son calme. Mais pour combien de temps ? Les traditionalistes ont indiqué qu'ils « envisageaient de nouveaux moyens pour rebondir ». À Niafles ? Ailleurs ? Personne n'en sait trop rien. Des habitants se sont relayés hier pour empêcher toute intrusion éventuelle. « Il faut bien comprendre une chose : on n'est pas des « casseurs de curé », insiste Daniel Gendry. Nous aussi, on est des catholiques pratiquants ! Mais cette situation est impensable. » Dimanche prochain, l'évêque Mgr Maillard devrait venir dire une messe dans l'église la plus médiatisée de France actuellement.
Fanny ROCA.