« On vit notre semaine tranquillement », résume Philippe Hinschberger. Sauf que la semaine est tout, sauf ordinaire. Mais il y a deux journées, après la défaite à Tours, la Ligue 2 semblait tellement éloignée du Stade lavallois que cette finale face aux Nîmois semble vécue surtout comme un sacré bonus. Une sorte de tirage de la deuxième chance. « On a tout à gagner alors on ne va pas se mettre de pression. Ce que je vois, c'est que les joueurs sont dedans. C'est d'ailleurs intéressant d'observer leur engagement », note l'entraîneur lavallois.
Un vigile à l'entrée des Costières
À Nîmes, changement de décor. Pour espérer pénétrer dans l'enceinte du stade des Costières cette semaine, il faut montrer patte blanche. Depuis lundi, un vigile monte la garde et ne rentrent que ceux qui sont habilités à le faire. Cela depuis que Jean-Luc Vannuchi (le troisième entraîneur du Nîmes olympique cette saison !), a pris la décision de faire disputer les entraînements à huis clos. Aucun supporter et encore moins de journalistes ne sont tolérés. À croire que le seau d'eau froide reçu à Pau a du mal à passer...
« Le groupe est forcément tendu, il sait qu'il a raté une balle de match, révèle un confrère du Midi Libre. Mais les joueurs jurent qu'ils sont passés à autre chose. » Même si cela ne doit quand même pas être simple d'évacuer de sa tête les huit dernières minutes cauchemardesques du match de vendredi dernier. À la 82e minute, Nîmes tenait sa montée en Ligue 2. À la 90e, elle s'était envolée. Un colosse peut aussi avoir des pieds d'argile. Mais maintenant, la donne n'est plus vraiment la même. « Pour monter, Nîmes doit gagner contre une équipe qui a perdu le moins de match cette saison et qui possède la meilleure défense », rappelle Michel Rodriguez.
« La décision de Vannuchi, c'est un peu de la superstition et de la prudence », poursuit le journaliste du Midi Libre. Le groupe a un peu l'impression de s'être dispersé, de ne pas avoir fait ce qu'il fallait la semaine qui a précédé le match contre Pau. »
En prenant un virage à 180° au niveau de la préparation et de la gestion de l'évènement, les Nîmois ont sans doute le sentiment de se prémunir contre toute pollution dans les esprits, tout grain de sable qui viendrait, de nouveau, enrayer la machine. On sait que leur saison n'a pas vraiment été de tout repos, qu'il y a eu pas mal de dissensions à gérer au sein du club. Et forcément, les braises sont encore chaudes.
D'où la décision, dans la toute dernière ligne droite, de miser sur une sorte de repli sur soi. Jean-Luc Vannuchi a donc organisé une mise au vert et ses joueurs passeront ainsi les deux dernières nuits qui précèderont le match dans un lieu tenu secret. « Chacun se prépare comme bon lui semble », lâche Philippe Hinschberger...
Bénédicte RENOU.