Régiment fermé à Laval : la Mayenne sous le choc
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Après l’annonce, par le Premier ministre ce matin, de la fermeture en 2011 du 42e régiment de transmissions de Laval, les parlementaires mayennais adoptent un « front uni », selon l’expression du président du conseil général, le centriste Jean Arthuis.
S’ils admettent la nécessité de réformer une carte militaire obsolète, les élus ne comprennent pas la logique des choix gouvernementaux. Pourquoi maintenir l’Ecole supérieure d’application des transmissions (Esat) à Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, si les deux seuls régiments de transmissions du Grand-Ouest, Laval et Breteville-sur-Odon, près de Caen, ferment ?
939 militaires et civils
« Laval et la Mayenne sont en véritable état de choc », poursuit Jean Arthuis. Ce sont au total 939 militaires et civils, 2 600 personnes avec les conjoints et enfants, qui vont devoir plier bagage. Le président du conseil général évalue entre 25 et 30 millions d’euros la perte pour l’économie locale. « C’est pire qu’une entreprise qui disparaît, proportionnellement à la taille de la Mayenne et de la ville de Laval », juge le député UMP Marc Bernier.
Le député-maire socialiste de Laval, Guillaume Garot, exprime sa « solidarité avec les familles » dont il a reçu des représentants ce matin. Mais le temps n’est déjà plus aux regrets. « Nous allons créer une cellule de rebond élargie au milieu de l’entreprise et de l’enseignement », annonce Jean Arthuis. Un dispositif similaire avait été mis en place à la fin des années 1990 lorsque le 38e régiment de transmission avait quitté Laval, avant d’être remplacé par le 42e RT.
Compensation financière
« L’État devra compenser le manque à gagner », avertit Guillaume Garot, conscient toutefois que « les collectivités locales devront également mettre au pot ». La préfète, Fabienne Buccio, doit annoncer un premier train de mesures lors d’une conférence de presse à 17 h 30. Jean Arthuis réclame déjà des « espèces sonnantes et trébuchantes », qui pourraient par exemple financer l’échangeur autoroutier du futur pôle multimodal d’Argentré dans la première couronne lavalloise. Concernant la reconversion des casernes à proprement parler, la piste d’un ensemble associant « formation » et « pépinières d’entreprises », pourquoi pas en lien avec la réalité virtuelle, spécialité lavalloise, est déjà avancée.
Au-delà, les élus mayennais réclament un moratoire sur les mesures déjà annoncées. « Nous allons remonter au créneau sur la carte judiciaire, demander que le pôle d’instruction reste à Laval et ne soit plus transféré au Mans », prévient le député UMP Yannick Favennec. Idem pout Thalès, sous-traitant de la Défense. « Le site de Laval est menacé, il y a déjà des cadres qui sont partis. L’État est en devoir de revoir son plan », avertit Jean Arthuis.
Arnaud BÉLIER.
Ouest-France