Et puis, au beau milieu de l'hiver, le club gardois s'est stabilisé et a commencé à enchaîner les résultats intéressants. Deux raisons à cela : la nomination, en décembre, de l'entraîneur Jean-Luc Vannuchi à la tête d'une équipe en proie au doute, et surtout la signature de Robert Malm, en toute fin de mercato hivernal. Laissé libre par Montpellier (L2), où il n'a que très peu joué en début de saison, l'attaquant de 34 ans a retrouvé une deuxième jeunesse à 50 kilomètres de chez lui. Philippe Goursat, le manager sportif nîmois que Malm avait côtoyé à Brest, a, lui, flairé la bonne affaire en faisant signer au Franco-Togolais un contrat d'un an et demi.
Depuis ce 31 janvier 2008, avec Nîmes, Malm accumule les buts comme on enfile les perles autour d'un collier. Trois doublés contre le Paris FC, Sète et Arles, une ribambelle de buts décisifs (contre Vannes, Villemomble, Tours...) pour un total de 14 réalisations en 15 matchs. Ne cherchez pas : si le Nîmes Olympique est aujourd'hui à deux doigts de la Ligue 2, il le doit en grande partie à son buteur. Ce dernier la joue néanmoins modeste : « J'ai simplement apporté ma pierre à l'édifice. Une équipe, c'est onze joueurs. Il y a un collectif qui fonctionne. Ces temps-ci, je suis en forme. Demain, cela sera peut-être quelqu'un d'autre. Je n'oublie pas que le groupe m'a très bien accueilli à mon arrivée en janvier. »
Il a joué avec Thuram
Avant la réception de Laval, Malm est conscient que son équipe a laissé passer une première chance à Pau, où les Nîmois, défaits 4-3 dans les dernières minutes, ont longtemps flirté avec l'échelon supérieur : « Il faut se rattraper de notre faux pas dans le Béarn, poursuit Malm. On a mal géré cette rencontre, c'est comme ça. On a toujours notre destin entre les mains. À nous de ne pas faire de calculs. On prépare sereinement la réception de Laval. »
Son expérience (Malm est pro depuis 1991, il a joué en équipe de France militaire, avec Thuram notamment, il est international togolais) devrait lui permettre d'aborder calmement ce rendez-vous décisif, comme il en a déjà connu de nombreux par le passé : « On a conscience de l'enjeu, ajoute-t-il, mais on ne se met pas plus de pression que cela. La pression, c'est un truc de journalistes. Aussi, les gens autour du club font une montagne de ce rendez-vous, mais cela ne reste qu'un match de foot. Les joueurs, eux, ne doivent pas se mettre de pression, car c'est le meilleur moyen de perdre les pédales. » Si Nîmes venait à monter en L2, Robert Malm enchaînerait sa 14e saison à ce niveau. À bientôt 35 ans, sa motivation est intacte.
Arnaud HUCHET.
Robert Malm en bref. Né le 21 août 1973 à Dunkerque. 1,80 m ; 73 kg. Poste : attaquant. Sélections en équipe de France militaire (1993-95). International togolais, a disputé la Coupe du monde 2006 avec le Togo. Ses clubs. 1991-94 : Lens (L1) ; 94-96 : Fécamp (N1) ; 96-97 : Saint-Brieuc (D2) ; 97-98 et 99-00 : Lorient (D2) ; 98-99 : Toulouse (D1) ; 99-00 : Valence (D2) ; 2000-01 : Gueugnon (D2) ; 01-02 : Wasquehal (D2) ; 02-04 : Grenoble (L2) ; 05-06 : Brest (L2) ; 06-07 : Montpellier (L2) ; 08-09 : Nîmes (Nat.). 381 matchs disputés, 111 buts.
L'avis de Michel Rodriguez, le capitaine lavallois : « Malm, je le connais un petit peu. C'est l'attaquant le plus efficace. Les chiffres le démontrent bien. Au niveau ratio buts-matchs joués, c'est impressionnant. Pour moi, Nîmes lui doit tout. Nous, on va essayer de le surveiller un peu plus, mais le danger peut venir d'ailleurs. Il ne faut pas non plus se focaliser sur lui. Ses qualités : il sent bien le but, se met à la limite du hors-jeu et il est généreux dans l'effort. Il va vite. Il est attiré par le but et tente toujours de frapper dans toutes les positions et de cadrer. Il faut lui laisser un minimum d'espace. Mais ce n'est pas la défense qui va gérer le problème tout seul, c'est l'ensemble de l'équipe. Il faudra limiter les erreurs. »