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Ruta Paskauskiene, vous voilà sur le toit de l'Europe...
Oui, merci ! Il s'agit à la fois d'un énorme succès et d'une grande surprise pour moi, car, bien sûr, jamais je n'aurais imaginé atteindre un tel rang, cette semaine à Saint-Pétersbourg. J'envisageais au mieux une place dans les huit, voire le bronze... Mais l'or ! C'est incroyable, j'en ai toujours rêvé et cela se concrétise.
S'agit-il de votre premier titre à ce niveau ?
En individuel, oui. J'avais déjà gagné des médailles à sept reprises (3 en or, 1 en argent, 3 en bronze) au championnat d'Europe, mais c'était à chaque fois en double. Là, c'est inespéré, d'autant qu'avec la présence de nombreuses Chinoises naturalisées, c'était quasiment mission impossible. C'est un rêve, c'est le plus beau moment de ma carrière.
Vous avez battu pas moins de cinq joueuses d'un niveau supérieur au vôtre, ce week-end. Comment expliquez-vous cette performance ?
Je ne sais pas trop. Ma mère, qui est entraîneur national de la Lituanie, me répétait depuis quelques semaines que j'étais dans de bonnes dispositions. Moi, cela me faisait rire. Et puis, au début des championnats d'Europe par équipes, il y a quelques jours, c'est vrai qu'avec mon équipe nationale (en D2), j'ai remporté toutes mes confrontations. Là, j'ai commencé à me dire qu'un bon parcours en individuel serait possible.
D'autant que la pression n'était pas forcément de votre côté...
Oui. Après chaque tour, je blaguais avec mon entourage, en leur répétant : « Qui sait ? Je vais peut-être aller au bout ? ». Mais je me sentais vraiment bien, j'étais tranquille et j'y ai cru petit à petit. La confiance est venue match après match et je n'ai voulu penser à la médaille que le plus tard possible. Je n'avais rien à perdre.
Le fait d'être maman depuis quelque mois vous a-t-il aidé dans la conquête de ce titre ?
Peut-être, oui. Avant d'avoir mon enfant, je ne vivais que pour le tennis de table. Mais aujourd'hui, c'est devenu secondaire. Cela m'a peut-être aidé à Saint-Pétersbourg. J'ai joué avec une grande maturité. Je suis heureuse, même si c'est parfois difficile de beaucoup voyager et d'être séparée de mon bébé à cause du ping-pong.
Recueilli par Arnaud HUCHET.
• Ruta Paskauskiene a 31 ans et joue depuis deux années en Pro A à Saint-Berthevin, après un passage à Mondeville. Elle est classée au 90e rang mondial. À Saint-Pétersbourg, elle a éliminé en demi-finale l'Italienne Tan Monfardini Wenling avant de dominer en finale la favorite autrichienne Liu Jia (4-2).
• Solène Legay : « C'est beau... ». La partenaire de club de Paskauskiene, Solène Legay, ne tarit pas d'éloge sur son amie : « Je la savais capable de battre tout le monde, mais de là à être championne d'Europe ! Ce qu'elle a fait est extraordinaire, il n'y a pas d'autre mot. À 31 ans, Ruta est mûre et son travail paie. Ce titre est amplement mérité. C'est beau. »