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Ça rigole à Saint-Berthevin. Quatre nationalités mais apparemment, pas trop de problème de cohabitation entre la Lituanienne Ruta Paskauskienne, la Russe Oxana Fadeeva, la Chinoise Jianan Yuan et la Française Solène Legay. En septembre, elles repartent toutes pour une nouvelle saison de Pro A avec le club mayennais. Paskauskienne et Yuan, en fin de contrat, ont resigné pour deux ans. : Jean-François Quinebêche.Jianan (Yuan), ça n'a pas été difficile... Elle se plaît beaucoup chez nous et nous le répète souvent. Mais ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas demandé d'augmentation (rires).
Pour la garder, vous avez donc dû consentir un petit effort financier ?
Oui, elle est arrivée il y a cinq ans... C'est notre plus ancienne joueuse professionnelle et elle a demandé à être un peu au même niveau salarial que Ruta (Paskauskienne) et Oxana (Fadeeva).
Ruta Paskauskienne a aussi resigné pour deux ans. On imagine que ce n'est pas sur la même base de contrat.
On a fait aussi un petit effort... (rires) Au club, on est très satisfait de son rendement à la table même si elle a manqué une partie de la saison en raison de sa maternité. Mais on lui a donné un peu moins que ce qu'elle demandait. On ne voulait pas une augmentation de 200 € par mois. Elle a demandé à réfléchir et au bout d'un mois, elle a dit oui.
Quel est le niveau de rémunération d'une joueuse de Pro A à Saint-Berthevin ?
À peine 15 000 € sur l'année. On a environ 90 000 € de salaires et de charges pour une saison. Notre budget Pro A avoisine les 130 000 € en incluant là-dedans tous les frais annexes comme le Critérium fédéral ou le championnat de France. En fait, tout ce qui touche le haut niveau.
Au Grand-Quevilly, une joueuse à 3 500 €
Saint-Berthevin/Saint-Loup arrive donc à garder ses joueuses et à rivaliser financièrement avec les autres clubs de Pro A féminine ?
Notre club a un petit avantage par rapport à d'autres : les joueuses sont mensualisées et savent qu'elles vont être payées au 1er du mois, que leurs frais de déplacements vont être remboursés rapidement. Ça leur facilite quand même la vie parce que ce n'est pas le cas partout. Ailleurs, certaines joueuses peuvent attendre cinq ou six mois avant de percevoir le moindre remboursement. Mais il y a des salaires bien plus élevés que les nôtres.
Vous pouvez donner un exemple ?
Yi Fang, une des joueuses de Grand-Quevilly, qui est venue jouer la semaine dernière à Saint-Berthevin, touche un salaire d'environ 3500 € mensuels dont une aide fédérale de 1500 €.
Ce sont de jolies sommes mais on est loin de ce qui se pratique en football...
Et des salaires pratiqués chez les garçons ! Les hommes sont plus cotés que les filles et la parité n'existe pas. Chez eux, il faut souvent multiplier les revenus par trois. Mais souvent, les meilleurs joueurs de Pro A sont rémunérés à la prestation. Cela peut aller de 5000 à 10 000 € par match de championnat. Quand on sait qu'il y a 14 journées... Mais dans ce cas, ils n'en disputent pas la totalité.
Le club très tenté parla Coupe d'Europe
Si vous jouez la Coupe d'Europe la saison prochaine, cela ne va pas être sans conséquences financières...
C'est le principal problème de cette compétition : le coût qu'elle représente. Cette année, on y avait renonçé pour des questions de budget. Notre budget prévisionnel est seulement basé sur le championnat. On ne perçoit pas d'aides de la Fédération française ni de la Fédération européenne. On doit donc trouver le financement. Mais le président (Philippe Delaunay) a très envie de partir en Coupe d'europe.
À combien évaluez-vous un tour de participation en coupe d'Europe ?
À plus de 5000 €. Et beaucoup plus si on se déplace à Vladivostok (rires). Il y a quelques années, on devait jouer les Russes d'Irkoutsk. On leur avait proposé de disputer la rencontre à Saint-Berthevin en leur offrant le déplacement. En Francs, cela nous avait coûté plus de 35 000 F.
Il y a deux Coupes d'Europe : la Coupe des Champions et la Coupe Nancy Evans (UEFA). Laquelle allez-vous privilégier ?
Les filles seraient plutôt partantes pour l'UEFA. La Coupe des champions se jouent par élimination directe, ça peut aller vite. En UEFA, on peut espérer passer un ou deux tours. Alors c'est vrai qu'en terminant le championnat dans les trois premiers, on peut participer à la Coupe des champions mais il faut aussi que les filles aient un bon classement mondial, ce qui est le cas de Ruta et d'Oxana. Mais la Fédération européenne peut estimer que ce n'est pas suffisant. Cette année, par exemple, elle avait rejeté la participation de Grand-Quevilly, pourtant champion de France en titre.
Et le titre justement, Saint-Berthevin y pense pour la saison prochaine ?
On occupe la deuxième place alors que Ruta n'a pas joué toute la saison. Alors on se dit qu'on peut viser le titre. Mais on annonce l'arrivée de joueuses très fortes dans certains clubs. On sait qu'une Croate arrive à Mondeville. Les championnats européens comptent de plus en plus de Chinoises naturalisées. Une Allemande d'origine chinoise, d'un niveau encore plus élevé que celui de Ruta ou d'Oxana et qui joue à Berlin, pourrait venir à Évreux. On en saura plus fin juin, après la période des mutations.
Recueilli par
Bénédicte RENOU.
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