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Daniel Vannier, le directeur (au fond), voit le travail comme « un outil de réinsertion. Ici, pas de foyer, pas d'assistanat. Nos travailleurs profitent de leur temps libre et de leur argent comme bon leur semble. La plupart redeviennent des citoyens indépendants. » « J'ai arrêté l'école en troisième, puis j'ai suivi un BEP qui ne me plaisait pas et je suis devenue serveuse », raconte la jeune femme de 38 ans. Une grosse
dépression la conduit à l'hôpital. À plusieurs reprises. « Tout ça c'est du passé, raconte Chris-telle, qui vit aujourd'hui en couple à Saint-Fraimbault-de-Prières. Depuis sept ans que je travaille ici, je n'ai plus de problèmes. »
Dans la boutique de l'Établissement de service et d'aide par le travail (Esat), Christelle s'épanouit parmi les orchidées et massifs de plantes vertes, cultivées sur place. « Je sers les clients, je rends la monnaie. Il faut aussi surveiller l'arrosage des plantes et préparer les bouquets. C'est un travail très agréable. J'aime le contact avec la clientèle. »
L'horticulture, pour les plantes fleuries ou maraîchères, n'est qu'une activité parmi d'autres. L'Esat propose aussi un service d'entretien des espaces verts, chez les particuliers et au centre hospitalier, où les jardiniers ont six hectares de pelouse et des kilomètres de haies à entretenir. L'ouvrage ne manque pas. « Nous pouvons à peine répondre à la demande, indique Daniel Vannier, le directeur. En nous sollicitant maintenant, on ne pourra intervenir qu'à l'automne. »
Obligation de qualité
L'Esat est aussi le précieux sous-traitant d'entreprises locales. Pour Rapid'home, le fabricant de mobile-homes, il découpe des baguettes de plastique. Pour une entreprise de volets roulants, il assemble des pièces. Pour les imprimeries, il assure la manutention de magazines.
C'est là que turbine Gérard, 55 ans, depuis 2005. L'ancien mécano, chez un concessionnaire automobile de Mayenne, est lui aussi une victime de ce qu'il appelle pudiquement « un accident de la vie ». Dans un atelier tout neuf, Gérard déballe les invendus, les empile, les conditionne sur palettes. « Ça va mieux depuis que je suis là, confie-t-il. Je n'ai été hospitalisé qu'une fois depuis mon arrivée. Ici, l'ambiance est bonne. On ne vous pousse pas au-delà de vos limites. »
Daniel Vannier confirme : « La fragilité des personnes est prise en compte. » Mais il s'empresse de souligner que « nous ne faisons pas d'assistanat. L'Esat est une entreprise qui a une obligation de travail bien fait. Nous sommes d'ailleurs très exigeants sur ce point envers nous-mêmes, pour montrer de quoi nous sommes capables. Et que nous méritons la confiance de nos employeurs. »
Julien BELAUD.
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