« Dans ce cas, c'est l'hôpital qui vient à la maison »
Alberte et Régis Dubois ont noué des liens avec l'équipe soignante du service lavallois d'hospitalisation à domicile, qui passe chez eux chaque jour.
Depuis 2003, l'hospitalisation à domicile permet à des patients de l'agglomération d'être soignés chez eux, près des leurs. Cette pratique encore méconnue ne demande qu'à s'étendre.
Alberte et Régis Dubois, c'est une complicité rôdée par 45 ans de mariage. Quand Régis est hospitalisé à Laval, en octobre 2006, à cause d'une sclérose latérale amniotrophique, Alberte passe ses journées à l'hôpital. Régis est ensuite transféré au centre hospitalier d'Angers - encore moins pratique. Il n'y restera pas longtemps.
« Notre fille connaissait le service d'hospitalisation à domicile (Had) du centre hospitalier de Laval. Quand on en a parlé aux soignants à Angers, ils étaient surpris », raconte Alberte. Le couple rencontre les cadres du service lavallois, qui examinent la demande, et la valident. En décembre 2006, Régis est de retour chez lui.
Le service Had lui a préparé une vraie chambre d'hôpital, dans une pièce de la maison, avec tout le nécessaire : un lit spécifique est loué, ainsi que du matériel de ventilation pour les problèmes respiratoires, du matériel de transfert du lit au fauteuil... Sans parler du matériel médical qui remplit les tiroirs de la commode.
« On a peur de faire mal »
Avant de quitter l'hôpital d'Angers, Alberte et Régis y suivent « une formation de quatre jours, pour apprendre les soins quotidiens, et les gestes sur les machines », raconte Alberte, sans qui l'hospitalisation à domicile de son mari aurait été impossible. « Au départ, ça ne paraît pas évident de faire des soins, on a peur de faire mal. Mais maintenant, je suis habituée. Quand il y a de nouvelles machines, j'apprends sur le tas ».
Le patient est loin d'être délaissé par les professionnels. « Une infirmière vient matin, midi et soir, et une aide-soignante quatre fois par jour. Deux fois par semaine, c'est une kinésithérapeute ; et enfin, le médecin de famille, une fois par semaine », énumère Alberte. Les règles de l'Had sont strictes à ce sujet ; le soin apporté est le même qu'à l'hôpital.
Pour Régis, c'est clair. « Je sais qu'en cas de besoin, je peux joindre l'infirmière d'astreinte 24 h sur 24. Je suis à l'hôpital en très peu de temps. Le soin est très bien comme ça. J'aime mieux être ici. » Quand les petits-enfants viennent un après-midi à la maison, il demande à se reposer plus le matin pour être en forme quand ils arrivent. « On peut modifier nos heures de passages, selon les demandes. On est plus impliqué dans la vie de famille qu'à l'hôpital », note Delphine Béasse, infirmière coordinatrice au service Had.
Fini les déplacements permanents pour la famille. Et pour Alberte. « Je préfère le voir là qu'à l'hôpital. Je peux être plus présente. Rien que sur la nourriture : c'est moi qui lui prépare son repas, les mêmes plats qu'avant. Et quand il me demande une tartine de rillettes, je peux lui donner ! » Sourires partagés.
Gwen CATHELINE.
Ouest-France
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