La commune de Daon en plein désert... médical
Le départ du médecin de la commune de Daon est une source d'angoisse pour Franck André, pharmacien, et Hubert Leuthy, adjoint au maire.
Le sud de la Mayenne souffre d'une pénurie de médecins. À 10 km aux alentours de Daon, pas un généraliste à l'horizon et le manque se fait sentir.
Avec un médecin, une pharmacie et une infirmière, les 503 habitants de la commune de Daon avaient de quoi être fiers. Mais le départ du généraliste, Denis Gaspard, risque d'avoir des répercussions sur le bon état de santé de la commune. Franck André, pharmacien mais aussi président de la commission de la santé de Daon, parle de « chronique d'une mort annoncée. Je suis très mal. En tant que pharmacien, je ne survivrai pas sans médecin. C'est la faillite assurée et l'endettement à vie. »
Aux grands maux les grands remèdes : le pharmacien de la commune et les conseillers municipaux démarchent auprès de nombreux organismes médicaux dans le but de remplacer le docteur Denis Gaspard. « J'ai appelé le conseil de l'ordre des médecins pour leur faire part de notre recherche active d'un médecin. Ils m'ont répondu : « Bon courage... », ironise Franck André.
Plusieurs loyers gratuits
Et comme la santé n'a pas de prix, « la commune est prête à s'investir tant au niveau moral que matériel pour trouver un médecin. Elle prévoit la rénovation des locaux et propose au médecin plusieurs mois de loyers gratuits. » Pour lutter contre la désertification médicale, le ministère de la Santé pensait imposer aux jeunes médecins d'exercer au moins 5 ans en campagne avant de pouvoir pratiquer où bon leur semble. « Cela aurait permis d'assurer un roulement dans les communes rurales. Mais on ne peut pas empêcher un médecin d'exercer où il veut », poursuit Franck André.
Le désert médical, en Mayenne, c'est un fait. En début d'année, on recensait près de 230 médecins, soit autant que la seule ville d'Angers. Sur 18 communautés de communes, 13 sont classées en zone à risques : on y trouve moins de 5 médecins aux 100 km².
Les collectivités locales et les élus du département tentent de trouver le remède au manque de médecins en Mayenne : à l'initiative de Jean Arthuis, président du conseil général, des internes en médecine générale à l'université d'Angers suivent actuellement un stage de six mois dans différents cabinets de la Mayenne dans le but de promouvoir l'exercice dans le département (Ouest-France du lundi 22 décembre).
Deux autres actions prioritaires sont menées par le conseil général : la promotion de pôles santé pour couvrir les besoins de santé de l'ensemble du territoire départemental et l'information, l'accueil et l'accompagnement des nouveaux professionnels.
Alexia MELLIER.
Ouest-France