Alain Cocq, juste avant son départ pour Vitré. Avec sa pancarte « qui et que sommes-nous ? », Alain Cocq ne passe pas inaperçu sur les routes. Derrière son fauteuil, une remorque qui porte tous les signalétiques possibles et imaginables : gyrophare, triangle rouge... « J'ai suivi toutes les recommandations de la sécurité routière. Sur la route, à 10 km/h, je dois être vu », explique-t-il.
Devant, ses deux chiennes d'assistance, Diane et Tosca, le guident. Des problèmes neurologiques font qu'il se repère mal dans l'espace. « Elles sont là pour que je ne dévie pas sur la voie de gauche, par exemple. »
Un combat
Dijon, Avallon, Montargis, Orléans, Le Mans, Rennes puis le reste de la Bretagne avant de descendre vers le sud par Bordeaux. Il annonce déjà qu'il « ira jusqu'au bout ». Une détermination nourrie par une volonté « citoyenne » de faire connaître l'état de la protection sociale en France, à travers son exemple.
En 1986, ce plombier chauffagiste est victime d'un accident de travail. Il se retrouve en fauteuil roulant. Également atteint de deux maladies orphelines, Alain Cocq est fortement handicapé.
Aujourd'hui, son appartement a besoin d'être rénové mais la Ssécurité sociale « ne veut pas prendre en charge les travaux ». « C'est pourtant ma santé qui est en jeu. Avant de partir, j'ai passé trois mois sous antibiotiques à cause du sol pourri, relate Alain. Il faut aussi installer des adaptations et appareillages nécessaires à mon autonomie. »
Ne pouvant rester dans son logement, l'idée de ce voyage germe alors. En à peine 15 jours, la remorque est construite par des amis et Alain est sur la route. En chemin, il rencontre des gens à l'écoute, « qui sont préoccupés par le chômage, la précarité, les franchises médicales », témoigne-t-il.
Il est parti depuis à peine deux semaines et sa peau est déjà tannée par le soleil. « Pendant l'étape Saint-Calais ¯ Le Mans, il a fait très chaud. J'ai dû m'arrêter car j'ai fait un malaise cardiaque peu avant l'arrivée. »
Ces frayeurs ne le font pas pour autant renoncer à son combat. « Je sais que je mets ma vie en danger, mais je préfère encore partir debout, comme un être humain, plutôt que dépérir entre quatre murs. »
Isabelle JAFFRÉ.
Ì Alain Cocq est joignable pendant son voyage : 06 81 48 63 90. www.le-devoir-de-citoyen.com

Quelle belle surprise, en ballade dans la région, nous avons découvert ce resto qui vient d'être...

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