René a lui aussi « dormi tranquille ». Et si son épouse nourrissait un peu d'inquiétude avant le premier concert, son octogénaire de mari félicite les organisateurs qui, sur ce sensible sujet des nuisances sonores comme celui de la propreté, « ont tenu parole ».
Pour une majorité d'habitants du quartier Saint-Nicolas, où se déroulait ce week-end le festival des 3 Éléphants, la greffe a donc pris. Un chiffre en atteste : « Quatre coups de téléphone, en tout et pour tout », ont été passés à la permanence de la Maison des services publics entre vendredi soir et dimanche midi... « Et c'étaient uniquement des demandes de renseignements, pas des plaintes. »
Adjoint au maire délégué à la médiation et à la citoyenneté, Sid Ali Hamadaïne a certes constaté quelques dégradations sur des véhicules. « Mais dans des proportions raisonnables pour un festival de cette ampleur. » L'élu met en avant « le caractère convivial du festival, dedans et autour ».
« On jouait la viabilité du festival »
« Cette première édition à Laval avait valeur de test, poursuit l'adjoint au maire. On jouait la viabilité du festival. » Fort de ce succès populaire, « il peut aller loin, très loin... » Tout n'a cependant pas été parfait. « Si les organisateurs ont bien travaillé, quelques petites choses pourraient être améliorées. Je pense qu'on pourrait en faire un peu plus pour impliquer le quartier », notamment en facilitant l'accès des jeunes de Saint-Nicolas au festival.
Car les tarifs ont dissuadé plus d'un habitant du quartier de franchir les portes des 3 Éléphants. Pour autant, l'animation générée par la manifestation a fait « bouger » ces mêmes habitants : « Toute la semaine, le festival a constitué notre sortie quotidienne », se réjouit Chantal. « Je me suis rendu samedi matin aux jardins familiaux, abonde René. J'ai croisé des jeunes du camping : et bien ils étaient gentils comme tout ! »
Unanimes sur le fait que cet événement va contribuer « à améliorer la renommée de Saint-Nicolas », les riverains ne sont pas tous prêts à sauter le pas, à s'associer par exemple aux équipes de bénévoles. « Pas après ma journée d'usine », annonce déjà Colette quand Chantal, retraitée depuis le 1er juillet, pourrait se laisser séduire. De là à suivre les concerts : « On verra l'année prochaine. Mais ces groupes, là, on ne les connaît pas. Alors que s'il y avait eu Yannick Noah... »
Yvan DUVIVIER.